ACTUALITE Le Moniteur du 2 aout 2010
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Inrastructures : Vinci emporte la concession de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes
JB JB | 30/07/2010 | 18:14 | Transport et infrastructures
Comme la rumeur le laissait entendre, c'est le groupement conduit par Vinci qui a été choisi pour la concession de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes.
L'offre du numéro un mondial du BTP (avec Vinci Concessions, Vinci SA, CCI de Nantes, CIFE, ETPO) a donc été préférée à celle du groupement Taranis composé de SNC Lavalin, Abertis et Fayat.
La concession vise la construction et l'exploitation de l'aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes (30 km au nord-ouest de Nantes), qui reprendra à partir de 2017 la totalité des lignes aériennes de l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique. La durée du contrat est fixée à 55 ans. Le concessionnaire investira de l'ordre de 400 à 500 millions d'euros dans la réalisation des nouvelles infrastructures. Le montant total des travaux devrait avoisiner les 600 millions d'euros. Le groupement de conception-construction collaborera avec l'architecte Jacques Ferrier, le paysagiste Bernard Lassus, ADPi pour l'ingénierie aéroportuaire et les bureaux d'études Sogreah (infrastructure), SCE (aménagement), SETEC (bâtiment), et Elithis (énergie). Vinci annonce que Notre-Dame-des-Landes sera le premier aéroport à énergie positive "grâce à une conception simple et efficace".
De leur côté, l'Etat et les collectivités territoriales s'étaient engagés, le 16 juillet, sur des contributions respectives de 138,5 et 115,5 millions d'euros. Cette enveloppe de 254 millions d'euros sera dédiée aux équipements de navigation aérienne, aux dessertes routières et comme subvention publique aux investissements du concessionnaire.
Dans un communiqué, Jean-Louis Borloo, ministre du Développement durable, a indiqué que l'aéroport "bénéficiera dès son ouverture d'une liaison de transport public à haut niveau de service". Et le ministre de rappeler son exigence d'une "vraie liaison ferroviaire entre Nantes et l'aéroport".
Le Moniteur du 2 aout 2010
À l'horizon 2016, le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes prendra le relais de Nantes-Atlantique,premier aéroport de l'Ouest avec 2,7 millions de passagers.
Après avoir obtenu la ligne ferroviaire grande vitesse Tours-Bordeaux, le groupe Vinci est donné comme favori pour Notre-Dame-des-Landes. Des quatre concurrents initiaux, il n'en reste que deux, l'autre étant un groupement mené par le Canadien SNC-Lavalin. Dans ce projet, Vinci, premier groupe mondial de construction et concessions, s'est associé aux Nantais d'ETPO, et à la holding CIFE qui rassemble des entreprises du BTP.
Il bénéficie aussi du savoir-faire de la Chambre de commerce et d'industrie de Nantes-Saint-Nazaire, actuelle gestionnaire de Nantes Atlantique. Conçu pour 9 millions de voyageurs, le nouvel aéroport sera doté de deux pistes spécialisées (décollage, atterrissage) pouvant accueillir des avions gros-porteur comme l'A380.
Une concession de 55 ans
Le choix du concessionnaire par Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, est imminent. Suivra une dernière phase de discussions, avant l'attribution définitive, en fin d'année. Le candidat retenu financera, construira et exploitera pendant 55 ans le nouvel équipement. Au 1er janvier, il devra aussi gérer l'actuelle plateforme de Nantes-Atlantique, jusqu'à l'ouverture de Notre-Dame-des-Landes, ainsi que les installations de Montoir-Saint-Nazaire. Le début des travaux est prévu en 2013 pour une mise en service en 2016.
Liaison ferroviaire Nantes-Rennes
Le cahier des charges prévoit l'emprise d'une gare. « Cette plateforme aéroportuaire ne restera pas sans desserte collective et ferrée », répète Jean-Louis Borloo. L'idée initiale d'un raccordement au prochain tram-train Nantes-Châteaubriant a du plomb dans l'aile. Facile à réaliser rapidement, la solution s'avérait beaucoup trop nantaise. Les collectivités préfèrent un raccordement au réseau national par une nouvelle liaison ferroviaire Rennes-Nantes. Son principe vient d'être inscrit au schéma national des infrastructures de transport. Tracé définitif dans... dix ans.
Un accord État-collectivités
L'État et les grandes collectivités (Régions Pays de la Loire et Bretagne, département de Loire-Atlantique, Nantes-Métropole) ont signé un accord sur le financement de l'aéroport et de sa desserte terrestre. Le concessionnaire investira entre 400 et 500 millions d'euros. L'État apportera 138,5 millions d'euros et les collectivités 115,5 millions d'euros. Soit une fourchette de 654 à 754 millions d'euros, plus élevée que le coût prévisionnel (581 millions d'euros). Les opposants soulignent l'écart « avant même le premier coup de pioche ». Ils craignent, comme le député Vert François de Rugy, « des dépassements budgétaires conséquents au fur et à mesure de l'avancée des travaux ».
Dominique BUSSEREAU, Secrétaire d’Etat chargé des Transports, a acté à Nantes, hier jeudi 15 juillet 2010, un accord de financement pour la réalisation du nouvel aéroport du Grand-Ouest et de sa desserte terrestre.
Cette signature s’est déroulée en présence de Nantes Métropole, représentée par son Président, Jean-Marc AYRAULT, le Département de la Loire Atlantique, représenté par le Président du Conseil Général, Patrick MARESCHAL, laRégion Pays de la Loire, représentée par le Directeur Général des services au nom du Président du Conseil Régional, Jacques AUXIETTE. La Région de Bretagne est également associée à cet accord.
Celui-ci s’inscrit dans le cadre d’un partenariat par lequel les collectivités indiquaient leur volonté de marquer avec l’Etat un engagement commun pour la réussite du transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique sur le site de Notre Dame des Landes.
L’Etat a confirmé que le concessionnaire investirait entre 400 et 500M€ (hors participation des collectivités).
L’Etat s’est engagé sur une contribution totale de 138,5M€ et les collectivités à hauteur de 115,5M€. Ces participations permettront de financer l’ensemble des équipements de navigation aérienne, desserte routière ainsi que la contribution aux investissements du concessionnaire.
Les participations des collectivités de l’Etat pourront se voir remboursées sous forme d’un retour à meilleure fortune lié aux résultats de l’aéroport.
L’inscription au schéma national des infrastructures de transport (SNIT) de la desserte en transport collectif de l’aéroport a été confirmée par le Ministre.
Le Ministre a également indiqué que le choix du concessionnaire serait effectué rapidement et qu’il serait tenu compte de l’avis des collectivités.
«La signature de cet accord est le véritable point de départ de la réalisation de l’aéroport du Grand Ouest, qui va permettre de supprimer les nuisances liées à la circulation aérienne au-dessus de l’agglomération nantaise tout en dotant la métropole et les régions Pays de Loire et Bretagne d’un grand aéroport international au service de leur développement» a déclaré Dominique BUSSEREAU en conclusion.
Télécharger le communiqué (PDF - 121 Ko)
Contact presse : Sophie LE MOUEL

« Les circonstances de cette signature, en grand secret jeudi à la préfecture, me paraissent délicates. Je pense que quand on porte un projet et qu'on en est fier, on ne se cache pas comme ça. »
Votre première analyse sur l'accord ?
« Pour le moment nous n'avons que le communiqué de presse du ministère des Transports. Quand nous aurons le texte de l'accord nous l'éplucherons, bien entendu. Mais de ce que je lis, je crois qu'il faudrait plutôt parler d'un embryon d'accord de financement étant donné que le principal contributeur n'est pas encore connu. D'ailleurs, on devait au début nous donner son nom au mois de mai. Ça ne cesse pas d'être retardé. Maintenant on parle de fin juillet. Je crois que c'est là la preuve que le financement n'est pas bouclé. »
Les participations avancées vous étonnent-elles ?
« Ce qui m'étonne, c'est qu'en faisant les comptes on arrive à un global de 650 à 754 M€. On n'est plus du tout dans les 580 M€ avancés jusque-là. C'est inquiétant de voir que les coûts augmentent alors que les travaux n'ont pas commencé. Et je reste persuadé qu'il y aura des surcoûts liés à la nature du sous-sol, un plateau argileux. Je suis intervenu à trois reprises pour dire que le problème géologique avait été sous-évalué. »
L'accord évoque également le financement de la desserte terrestre. Qu'en pensez-vous ?
« Le terme est très vague. Il englobe aussi bien les routes que le train, sans que l'on sache de quel type sera la liaison ferroviaire. Je constate surtout qu'on ne parle toujours pas des mesures d'accompagnement des collectivités qui seront impactées par ce nouvel aéroport. Notamment par l'arrivée de nouvelles populations. Nul doute que les gens qui y travailleront voudront habiter au Nord. Cela veut dire qu'une dizaine de communes doivent se préparer à accueillir 6 000 nouveaux venus. »
Dernier point, le communiqué parle d'un nouvel aéroport et non plus du transfert de l'aéroport existant. Cela vous surprend-il ?
« Effectivement. Et ce n'est pas du tout grenellement compatible. J'appelle donc tous les élus qui ne l'ont pas encore fait à rejoindre le collectif des élus opposés à l'aéroport. »
Propos recueillis par Dominique Bloyet
Qui paiera ?
Dévoilé vendredi soir par le ministre des Transports (nos éditions du samedi 17 juillet), l'accord prévoit une participation de 400 à 500 M€ pour le concessionnaire, 138,5 M€ pour l'État et 115,5 M€ pour les collectivités locales.


L'État s'est pour sa part engagé sur une contribution totale de 138,5 millions d'euros et les collectivités pour une somme globale à hauteur de 115, 5 millions d'euros. « Ces participations permettront de financer l'ensemble des équipements de navigation aérienne, dessertes routières, ainsi que la contribution aux investissements du concessionnaire ».
Liaison Nantes-Rennes
« La signature de cet accord est le véritable point de départ de la réalisation de l'aéroport Grand ouest, dotant la métropole et les régions Pays de Loire et Bretagne d'un grand aéroport international au service de leur développement », s'est félicité Dominique Bussereau.
La répartition des financements devrait être la suivante : le concessionnaire aura la charge du foncier, des travaux et des coûts environnementaux. L'État prendra en charge ce qui lui revient de manière régalienne, c'est-à-dire tous les équipements de navigation aérienne et une partie des infrastructures routières. Quant à la région des Pays de Loire, elle s'appuiera sur les départements pour financer sa part de desserte routière et les compléments de financement de l'aéroport. Enfin, depuis trois jours, la liaison ferroviaire Nantes-Rennes est inscrite au Schéma national des infrastructures de transport (SNTI). Cependant le simple tracé n'est prévu qu'à l'horizon 2020.
Premier enseignement, ce débat, le premier organisé par la Ville, à Bouguenais, commune très concernée par les nuisances sonores liées aux mouvements d'avions, n'a pas déplacé les foules.
Plus de 200 personnes ont participé à cette réunion publique sur l'avenir de l'aéroport. 200 personnes sur les 16 000 habitants de Bouguenais. Les personnes qui se sont exprimées étaient pour la plupart des élus, des membres d'associations, de collectifs ou de partis politiques.
On a peu entendu la voix des habitants, surtout celle des militants. Notamment ceux qui sont opposés au projet de transfert, qui ont souvent pris la parole. Rappelant leurs arguments : coût du projet, saturation de Nantes Atlantique remise en cause, risque de voir des emplois quitter la zone pour le Nord et donc d'engorger encore la circulation dans la métropole...
Surprises
Cette réunion publique a permis à l'assemblée de mettre à plat les bruits qui courent quant aux équipements qui pourraient s'implanter en lieu et place de l'aéroport.
C'est Françoise Verchère qui alancé le pavé dans la mare : « Si Nantes Métropole a des projets pour l'avenir de la zone, lesgens doivent le savoir ! On entend parler du transfert du Min (Marché d'intérêt général). Qu'en est-il réellement ? »
Le Min, un stade de foot, un parc des expositions... Autant de projets que Thierry Violland, directeur de l'agence d'études urbaines de l'agglomération nantaise, a balayés : « Bien sûr qu'il y a des gens qui pensent, en amont. C'est normal. Mais il ne faut pas confondre réflexion et décision. Une décision qui viendra mais qui n'est pas à l'ordre du jour. »
Démocratie participative ?
Intéressante réponse d'une habitante de Bouguenais. « Ce que j'entends me trouble beaucoup. Si on ne doit nous apporter de l'information que lorsque la décision est prise, je ne sais pas ce que je fais là ce soir. Il doit y avoir un temps où nous pouvons confronter nos points de vue, mais pour cela, il nous faut un minimum d'information si on veut pouvoir discuter avec vous, les élus. » Comment faire en sorte que la population puisse effectivement participer au débat, en amont de la décision ? Michèle Gressus, maire de Bouguenais, s'est engagée à se faire le relais des habitants. Ce qui pourrait notamment passer par le biais d'une commission extra-municipale.
Passion et tensions
Décidément, ce débat autour de l'aéroport ne cesse d'être passionné. Même si la soirée s'est bien déroulée, le ton s'est parfois tendu. Notamment entre les Bouguenaisiens eux-mêmes. La situation au sein du conseil municipal n'est pas simple. Les Verts ont toujours été opposés au transfert, les communistes toujours favorables. Les socialistes, hésitants et divisés ¯ « certains doutaient, certains étaient pour, certains étaient contre » a rappelé Michèle Gressus ¯ ont finalement rallié la position de Jean-Marc Ayrault. Or, tous ces élus font partie de la majorité municipale. Ce qui induit une richesse des débats mais peut expliquer aussi une certaine tension.
État
Thierry Violland l'a assuré, « la situation sera plus claire pour tout le monde quand l'État aura fait connaître sa décision ». Une décision qui ne devrait pas tarder. Elle est attendue fin mai.
Un peu plus de 200 personnes ont assisté au premier débat, à Bouguenais, sur le transfert de l'aéroport. Commune concernée, au même titre que Saint-Aignan-de-Grandlieu. Après une prise de parole de chaque composante politique du conseil municipal, Thierry Violland, directeur de l'agence urbaine de la région nantaise, a fait un premier état des lieux de la zone. Insistant sur la situation privilégiée du site : « Il est rare de trouver une zone desservie de manière proche par le chemin de fer, le périphérique, le tramway et le port. »
Militants
Les opposants au transfert étaient là ! Ils se sont fait entendre en applaudissant telle ou telle intervention. De nombreuses personnes se sont exprimées : en grande majorité des militants, des élus, des membres d'associations...
Airbus
C'est la grande inquiétude qui rassemble tous les interlocuteurs. À l'image du délégué syndical qui a pris la parole, insistant sur la spécificité « redoutée » que pourrait avoir le site d'Airbus à être le seul en Europe à ne pas avoir de piste.
Étonnant
La gêne sonore a été très peu évoquée. Une gêne pourtant réelle, même si elle est circonscrite sur le quartier des Couëts. Comme en ont témoigné les habitants des Couëts lors du week-end de calme « grâce au volcan ».
Décision
Ce débat l'a à nouveau confirmé : la décision de l'État est très attendue. Une décision dont Michèle Gressus, maire de Bouguenais, a précisé qu'elle ne devrait plus tarder. Ce n'est qu'une fois cette décision prise que le débat sur l'avenir réel de la zone pourra débuter.
L'avenir de la zone aéroportuaire : le premier débat a eu lieu à Bouguenais dans un climat parfois passionné.
Le principe de précaution appliqué en avril dans le ciel européen lors du nuage de cendres était-il discutable ?
« Les mesures prises me semblent de bon sens. Ce genre de nuage contient des composés dangereux. On y trouve des éléments chlorhydriques qui peuvent atteindre les voies respiratoires de l’équipage et des passagers, et de la silice, une pâte abrasive, qui use anormalement les moteurs. Pendant cette période délicate, les pilotes ont fait ce qu’ils font toujours : vérifier tout, tout le temps et deux fois plutôt qu’une ».
On a dit qu’à la réouverture du trafic, l’aéroport de Nantes-Atlantique qui a accueilli 20 000 personnes en deux jours, n’a pas été surbooké. Cela ne plaide pas pour son transfert.
« Il a fallu faire face à une situation de crise. Les personnels de l’aéroport de Nantes-Atlantique ont fait preuve d’efficacité. Mais cela ne peut être qu’exceptionnel. Dans les périodes de fort trafic comme au printemps et surtout cet été, Nantes-Atlantique atteint ses limites. Les infrastructures ne sont plus dimensionnées. Les terminaux d’accueil, les banques d’enregistrement, les parkings sont surchargés. Les passerelles sont insuffisantes. Or, l’ensemble forme une chaîne cohérente. Il suffit d’un blocage pour créer des retards importants et préjudiciables aux passagers et aux compagnies aériennes. »
Oui, mais pas la piste ?
« La piste a déjà atteint des seuils. Par exemple, un Airbus A 330, biréacteur à deux essieux, ne peut pas décoller à pleine charge de Nantes-Atlantique pour une raison de résistance de la piste. Et je ne vous parle pas d’un atterrissage d’A 380 ».
Et l’approche, alors ?
« C’est une troisième limite pour les gros avions. Lorsqu’un avion fait une approche en survolant Nantes, il n’est pas parfaitement dans l’axe de la piste. Il suffit alors que trois éléments s’accumulent - ce décalage, un plafond assez bas et un vent d’ouest - pour que l’approche devienne plus difficile à gérer dans un gros appareil. Et ça l’est encore un peu plus si le pilote n’a jamais atterri à Nantes ».
Donc, vous plaidez pour Notre-Dame-des-Landes ?
« C’est une question économique mais aussi de bon sens. La sécurité offerte par le nouvel aéroport permettra plus d’approches par mauvais temps quelles que soient les pistes en service. En tant que commandant de bord, nous devons aussi penser à l’efficacité et à la rentabilité de nos compagnies : les passagers ne s’en plaindront pas. Et il est important que l’aéroport de Nantes puisse conserver sa qualité de service qui le place en deuxième position au plan national ».
Recueilli par J-D Fresneau
L’info en plus
50 % des atterrissages, soit 10 000 avions par an, survolent le centre de Nantes à moins de 500 mètres d’altitude
Mercredi prochain, leur car quittera Héric vers 4 h du matin. Alors que les députés doivent voter un second train de mesures du Grenelle de l'Environnement, les opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes s'installeront devant l'Assemblée nationale. Version parisienne des « vigies » qui campent chaque jour à Nantes devant le conseil général. Les opposants seront rejoints par les députés écologistes Noël Mamère, Yves Cochet et François de Rugy, ainsi que par le sénateur François Autain. Leur message : « Le projet n'est pas compatible avec le Grenelle de l'environnement ». (Pour le déplacement, renseignements au 02 40 77 64 42).
L'invitation à Borloo
La coordination des 32 associations et mouvements politiques opposés au projet a écrit à Jean-Louis Borloo. Elle veut le rencontrer avant qu'il choisisse le concessionnaire appelé à construire et gérer ensuite le nouvel aéroport. « Un récent propos de la secrétaire d'État à l'écologie, Chantal Jouanno, a montré qu'elle connaît mal la situation de l'aéroport Nantes Atlantique », note le conseiller général Gilles Denigot. « Une visite sur le terrain s'impose. » Les opposants demandent à Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno de venir se faire une idée sur place.
Durcissement
L'élu nazairien Gilles Denigot laisse entrevoir « un durcissement de l'action citoyenne et politique » une fois connues les propositions du constructeur. Nouvelle élue régionale, Geneviève Lebouteux fait état d'action au conseil régional pour qu'aucun financement n'aille au projet ni à ses dessertes routières. Cet été, les opposants organisent un festival de trois jours. Et ils se préparent à attaquer le dossier devant l'Europe, comme ce fut le cas pour les projets d'extension portuaire à Donges Est.
Saturation
Les opposants ont observé avec intérêt l'arrivée massive d'avions, à Nantes, lors de la crise liée au volcan islandais. Ils estiment que le président de la CCI a répondu à côté sur la non saturation de Nantes Atlantique. « Il a parlé du personnel, qu'il faudrait bien évidemment augmenter en cas d'accroissement du trafic. Et non des installations elles-mêmes, qui ont permis d'absorber 863 vols en une semaine. »
La majorité des pièces, fabriquées à l'usine Airbus de Nantes, sont livrées par avion Beluga (photo) à Hambourg. : Photo Airbus Opérations S.A.S. 2010.
Quel type de fret, Airbus fait-il transiter par la piste de Nantes-Atlantique ?
Près de 400 caissons centraux de voilure (des éléments d'avions), fabriqués à l'usine Airbus de Nantes, ont été transportés par gros-porteur Beluga vers une autre unité de l'avionneur à Hambourg, l'an dernier. Ce qui représente une soixantaine de rotations par an, à Nantes-Atlantique : soit un vol ou deux par semaine. Le Beluga transporte les « petits » caissons : ceux des A320.
Comment ont voyagé les autres caissons fabriqués à Nantes ?
94 gros caissons (A380, A330, A340) ont voyagé sur la Loire par barge de Nantes vers l'usine de Saint-Nazaire, en 2009. Et il y a eu douze convois exceptionnels entre les deux sites, par la route.
Que pensent les syndicats d'Airbus de la fermeture éventuelle de la piste de Nantes-Atlantique vers 2016 ?
Ils sont unanimes pour demander son maintien. La plupart des sites Airbus en Europe ont une piste. « S'en priver, c'est risquer à terme que, lors des choix sur les nouveaux programmes, notre charge de travail s'envole vers d'autres usines du groupe. Face aux délocalisations, il faut donner à Nantes le maximum d'atouts », souligne Yves Devedec, de la CGT. « Une piste, c'est un plus », confirme la CFE-CGC, qui représente l'encadrement. « Sans piste, Airbus Nantes serait fragilisé », renchérit Ghyslain Solan, de FO, un syndicat qui rencontre actuellement les politiques concernés. Même remarque à la CFDT, qui imagine mal « demain une usine au milieu de logements et non plus près d'un aéroport ». De son côté, la direction se veut rassurante. La fermeture de la piste « n'entraînera aucunement la fin des activités d'Airbus à Nantes. »
Quelles sont les solutions alternatives ?
Acheminer davantage de tronçons par barge sur la Loire, vers la piste de Saint-Nazaire, d'où ils décolleraient pour Hambourg. À condition toutefois de revoir la voirie entre l'usine de Bouguenais et le quai de Loire. Mais cette solution « entraîne une perte de temps et de performance », insiste la CFTC.
Qu'en pense Jean-Marc Ayrault ?
Rien n'est tranché, semble dire aujourd'hui le président de Nantes métropole. Lui qui affirmait en octobre que « l'aéroport fermera et disparaîtra » paraît n'écarter désormais aucune hypothèse. Y compris la possibilité du maintien d'une piste. « Ça reste en débat ». Un groupe de travail entre Airbus et Nantes métropole est en place. « Nous examinons ensemble toutes les hypothèses. Il faut vérifier avec Airbus si la suppression de la piste pose ou non problème. » Il conclut : « Je ne prendrai aucun risque avec l'emploi. »
Mais qui paierait la gestion de la piste s'il fallait la maintenir ?
Airbus n'a pas l'air très chaud : « Nous n'avons pas vocation à gérer une plateforme aéroportuaire », dit-on chez l'avionneur. Côté pouvoirs publics, le projet est officiellement un « transfert », et non une « création » d'aéroport. Comment le concilier avec le maintien, même partiel, de la piste de Nantes-Atlantique ?
Actualité Loire-Atlantique
Le constructeur-concessionnaire de Notre-Dame-des-Landes devra gérer, dès le 1er janvier 2011, les installations actuelles de Nantes-Atlantique, et celles de Montoir-Saint-Nazaire. Lundi, l'État présentera l'analyse des trois projets en compétition. Avant le choix, par Jean-Louis Borloo, du constructeur du nouvel aéroport.
Le choix définitif
Réunion importante lundi, pour l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Les représentants de l'État et des collectivités concernées se retrouvent en préfecture pour la présentation des trois projets. Depuis le dépôt des dossiers, en octobre dernier, une commission de hauts fonctionnaires de l'État a analysé des milliers de pages déposées par trois groupements d'entreprises. Lundi, les collectivités seront invitées à donner leur avis. « Ce ne sera qu'un avis », insiste un élu. L'ensemble sera transmis au ministre Jean-Louis Borloo. Qui choisira. La date du 15 avril est évoquée. Commencera alors une phase de dialogue avec une ou deux des équipes. Le choix définitif, par le ministre, est attendu en juin. Ensuite, le Conseil d'État sera consulté pour avis. Il ne faudra pas traîner. La concession actuelle s'achève à la fin de l'année 2010. Dès le début de l'année 2011, le nouveau concessionnaire gérera les installations de Nantes et de Montoir-Saint-Nazaire, avant de construire puis gérer Notre-Dame-des-Landes. Le début des travaux est toujours prévu en 2012, pour ouverture en 2016.
Premières indications
Certains élus ont déjà une idée des propositions. « Les compétiteurs sont venus nous rencontrer et nous avons vu des images », reconnaît Patrick Mareschal, président du syndicat mixte d'études où se retrouvent les collectivités concernées. À l'entendre, les groupements ont retenu leur message. Ces collectivités demandaient « un projet pas prétentieux, s'intégrant dans le paysage, et de haute qualité environnementale. » Ce sera le cas, affirme le président. « Tous ont mis le paquet sur l'aspect environnemental. »
Dans l'enveloppe
Côté facture, Patrick Mareschal est rassuré. Rappel : la réalisation était estimée à 581 millions d'euros. Dont 91 millions à la charge de l'État pour la route de liaison, les infrastructures de navigation, de météo et sécurité. L'aéroport lui-même, avec ses deux pistes et l'aérogare, est à la charge du concessionnaire, qui pourra demander une aide à l'État et aux collectivités. C'est une enveloppe de 480 millions d'euros. D'après l'élu, les trois projets sont sous la barre. L'un d'eux serait même très en dessous. On parle de 420 millions d'euros. « Mais il faudra voir ce que recouvrent vraiment les sommes avancées. »
On reparle de Savenay
La question de la liaison ferroviaire n'est toujours pas résolue. L'idée d'un raccordement au tram-train Nantes-Châteaubriant a perdu beaucoup de terrain. D'après les études, il n'y aurait pas plus de 2000 passagers par jour sur cet embranchement. Et cette liaison directe ferait de l'aéroport celui de Nantes, et non l'équipement régional souhaité. D'où la volonté de mettre le paquet sur la liaison ferroviaire Nantes-Rennes via Notre-Dame-des-Landes. En attendant, Patrick Mareschal verrait bien Savenay comme plaque tournante ferroviaire. La gare de Savenay serait reliée à l'aéroport par une navette routière. La distance : 11 km. « Savenay, c'est quasiment le terminal... »
Trois projets architecturaux étaient en lice pour la concession du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Patrick Mareschal, président du conseil général de Loire-Atlantique a eu connaissance des trois projets architecturaux présentés par les trois groupements en lice pour la concession du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes : Taranis (société Lavalin, Abertis, Fayat), Vinci (Vinci Concessions, Vinci SA, CCI de Nantes, CIFE, ETPO) et Aemera-Groupe Bouygues (Quille, CCI de Nantes, Egis). Ceux-ci avaient déposé leur dossier le 30 octobre dernier. Selon le patron du département, les trois projets correspondent aux exigences posées, notamment en terme d'intégration dans le paysage et de sobriété. Si les trois projets ont été présentés au président du conseil général de manière anonyme, celui-ci avoue avoir été plus spécialement séduit par l'un d'entre eux. Les trois projets entrent dans l'enveloppe financière fixée de 580 M€ dont 490 à la charge du concessionnaire. L'un des trois étant nettement en deçà de ce montant selon nos informations. La commission d'analyse des offres a fini son travail et doit transmettre son rapport au ministre de l'Environnement et des Transports, Jean-Louis Borloo. La désignation du futur concessionnaire sera alors décidée et le contrat de concession approuvée par un décret en Conseil d'État.
Fin des interventions foncières
En 2010, devrait ensuite s'achever les interventions foncières du conseil général de Loire-Atlantique avant la finalisation des études par le concessionnaire et le transfert à celui-ci des aéroports de Nantes Atlantique et Saint-Nazaire. Le début des travaux devrait intervenir en 2012 ainsi que les enquêtes publiques pour adoption des trajectoires et du plan d'exposition au bruit. La fin des travaux du nouvel aéroport est toujours envisagée à l'horizon 2015 selon les éléments donnés par le Syndicat mixte d'études de l'aéroport Grand Ouest Notre-Dame-des-Landes, pour une mise en service, selon Patrick Mareschal, d'ici six ans.
Éric Cabanas
Sept ans après le débat public exposant le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une salle toujours aussi pleine à Bouguenais, pleine de gens qui doutent de la pertinence du transfert. Aucun commentaire
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