Moins cher mais avec des pistes plus courtes, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est dénoncé par les opposants comme très éloigné du projet de l'enquête publique.
Un projet à la baisse. Sur écran géant, le projet « Vinci » de l'aéroport a fait sensation à l'assemblée générale de l'Acipa, mercredi à Notre-Dame-des-Landes. Sur le document présenté, les deux pistes font respectivement un peu plus de 2 900 et 2 750 m. Elles seraient sensiblement plus courtes que prévues initialement. « On ne voit figurer ni la gare LGV ni la gare tram train », ironise Dominique Fresneau, le vice président de l'association opposée au nouvel aéroport. Il remarque au passage que le taxiway, voie permettant le retour des avions le long des pistes, ne figure pas sur le plan. « Finalement, c'est nettement mieux à Nantes Atlantique ! » Ce qui surprend les membres de l'association, « ce sont que de pareilles différences apparaissent par rapport au dossier présenté lors de l'enquête publique. Nous allons voir s'il n'y a pas matière à un recours ». L'Acipa entend accentuer la pression sur le plan juridique. « Le problème c'est que nous n'avons pas le cahier des charges de Vinci. Nous avons fait une demande en ce sens auprès du Comité d'accès aux documents publics », a rappelé Jean-Jacques Kogan, premier adjoint de Sucé-sur-Erdre. En attendant, un des pilotes de ligne présents a indiqué que de telles pistes n'autorisaient pas le décollage des grands porteurs comme l'Airbus A380, pour lequel il faut 3 500 m de pistes.« Quand nous entendons toutes les aberrations racontées pour justifier l'aéroport, cela nous énerve ».
À quel prix ? « En 2008, les fonds publics représentaient 16 % du projet d'aéroport, tout confondu, nous en sommes maintenant à plus de 50 % : 254 sur 556,5 millions d'euros. Somme à laquelle il faut ajouter le coût d'un train tram ». Un constat qui a le don d'irriter la conseillère générale Françoise Verchère, venue soutenir l'association avec des élus écologistes. « Il y a un aveuglement sidérant des collectivités qui n'ont pourtant plus d'argent. Apparemment, Vinci sait construire moins cher, mais comment ? »
Mais ce qui intrigue particulièrement l'Acipa, c'est le coût relativement modeste du projet d'aéroport. « On remarque que les seuls postes qui font l'objet d'une réévaluation sont ceux qui relèvent de l'État, la tour de contrôle et la route, alors que le reste diminue. Quelle hypothèse cache cette baisse des coûts ? » L'Acipa analyse la situation avec suspicion pour dénoncer « une démocratie du mensonge. La clause de remboursement à meilleure fortune pour Vinci est une plaisanterie ».
Enquête publique. S'agissant des manifestations récentes contre l'enquête publique, les représentants agricoles rappellent qu'ils étaient d'accord pour un réaménagement foncier nécessaire aux exploitations agricoles. Mais « ce n'est pas celle que nous avons demandée. L'opportunité a été saisie pour restructurer les terres en fonction de l'aéroport, et cela, nous le refusons. ».
(1) Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Cependant le groupe confirme que « l'aéroport sera équipé de tout ce qui est nécessaire pour en faire le premier aéroport de catégorie A, avec des pistes de 2 500 à 3 000 m, capables d'accueillir des gros-porteurs, y compris à l'ouverture. Il ne s'agit en aucun cas d'un aéroport au rabais si c'est ce que sous-entend l'Acipa. » Problème : selon les normes techniques, il faut a priori 3 500 m pour faire décoller un A380, alors que la piste prévue par Vinci mesure 2 900 m, comme à Nantes Atlantique. Vinci indique cependant que son avant-projet, sur la base duquel le groupement a été retenu pour ce chantier, est « modulable et évolutif. » Il serait ainsi réalisé dans la perspective de pouvoir par la suite compléter l'infrastructure, pour accompagner une augmentation de capacité, « et ce sur 55 ans puisque plusieurs phases d'évolution sont prévues ». Des agrandissements possibles aussi bien au niveau de l'aérogare, que des infrastructures aériennes, parkings et autres installations.
Poussée d'adrénaline lundi matin, à Notre-Dame-des-Landes. Les opposants ont empêché le début de l'enquête publique sur l'aménagement foncier autour du projet d'aéroport.
L'enquête d'aménagement foncier est menée par le conseil général. Elle porte sur 6 700 ha dans neuf communes. Plus de 6 000 propriétaires ont reçu un avis. L'un d'eux, venu de Vendée, repart sans avoir pu consulter le dossier. « Je voulais juste voir si les routes passaient sur mes terres à Grandchamp. Tant pis ! »
9 h 15. Les enquêteurs se réfugient dans le bâtiment principal de la mairie, pour téléphoner au tribunal administratif qui les a désignés. Mais les opposants suivent. « Ne nous prenez pas en otage, réclame Brigitte Chalopin. On accepte votre opposition, mais nous souhaitons juste recevoir les propriétaires fonciers impactés par l'aéroport et les dessertes routières. Il s'agit d'enregistrer leurs observations pour réduire leur préjudice. »Ces explications ne calment pas les opposants. « C'est un simulacre de démocratie. Vous n'êtes là que pour entériner une décision des élus, contraire à la volonté du peuple. Cassez-vous ! »
11 h. Devant le bungalow, un huissier constate le blocage. Un opposant se jette sur un enquêteur pour lui arracher ses dossiers. Brigitte Chalopin demande l'intervention des gendarmes pour les escorter. Dans la bousculade, des opposants mordent la poussière. Paradoxe. Alors qu'ils poussent les enquêteurs vers la sortie depuis plus de trois heures, les manifestants leur ont dégonflé deux pneus, les empêchant de partir.
12 h. Les enquêteurs repartent à bord du camion du dépanneur. Sous les applaudissements, ou les huées, des opposants. « Les pneus dégonflés, c'est pas méchant ! C'est juste pour qu'ils comprennent qu'il ne faut pas revenir. » On voit mal les enquêteurs insister à Notre-Dame-des-Landes. Surtout que le collectif d'associations opposées à l'aéroport a déjà annoncé des rassemblements aux prochaines permanences.
Ce mardi, la préfecture, les forces de l'ordre, le conseil général et les commissaires enquêteurs se réunissent. Ils ont deux options : maintenir les permanences une fois par semaine, jusqu'au 10 décembre, à Notre-Dame-des-Landes sous haute protection. Ou délocaliser l'enquête, au tribunal administratif par exemple.
Lundi, commence l'enquête publique sur l'aménagement foncier autour du futur aéroport. Les opposants se préparent à les accueillir à Notre-Dame-des-Landes.
Il va s'agir de redistribuer des terres sur un territoire qui englobe neuf communes. Faire en sorte, par exemple, qu'une exploitation agricole n'ait pas des terres de part et d'autre des pistes. De très nombreux propriétaires sont concernés dans un secteur de petites propriétés. L'État a chargé le conseil général de cette mission. Dans le cadre des enquêtes publiques, quatre magistrats vont recueillir les observations des habitants. Deux projets sont concernés : l'aéroport lui-même et sa desserte routière. Dans un premier temps, il est proposé de fusionner ces deux périmètres, soit un total de 6 700 ha. Deuxième proposition : l'aménagement ne porterait que sur les terres non utilisées par les installations aéroportuaires et la desserte routière. Les terres directement consommées par ces deux projets feraient l'objet d'acquisitions à l'amiable, ou d'expropriations, mais elles ne seraient pas reconstituées ailleurs.
Où ça coince ?
« Les exploitants ne sont pas opposés à un aménagement foncier », affirme l'un d'eux.« Bien au contraire. » Mais ils ne veulent ni de l'aéroport, ni d'un aménagement lié au projet. Ils demandent que l'aménagement, « lié aux seuls besoins de l'agriculture », porte sur l'ensemble du territoire, y compris les terres dévolues à l'aéroport et au barreau routier. Sauf que le remembrement ne portera que sur les terres non consommées par l'aéroport et sa desserte.
Que prévoient les opposants ?
Les exploitants agricoles de l'Adeca et les opposants de l'Acipa appellent à un rassemblement lundi, à « 8 h 30 au plus tard », devant le bungalow situé près de la mairie de Notre-Dame-des-Landes. C'est là que doivent s'installer les commissaires enquêteurs. Des rassemblements sont annoncés aussi, plus tard, dans les autres communes. Les opposants veulent affirmer un double non : au projet d'aéroport et aux propositions mises à l'enquête. « Les propriétaires concernés pourront passer, dit l'un d'eux, mais nous serons là pour leur expliquer notre point de vue. » Ils inviteront les habitants à porter des remarques sur les registres. Précédemment, des carottages s'étaient effectués sous la protection des gendarmes. Cette fois, les opposants laisseront-ils les commissaires enquêteurs s'installer ? La réponse est plus floue. « Si la force publique est présente, on se rangera... Il n'y aura pas de violence de notre part. »

« Cette nouvelle association veut défendre un développement économique fondé sur le transfert de l'aéroport vers Notre-Dame-des-Landes. Nous sommes contre ce projet, martèle Loïc Simonet.Développer le sud Loire en soutenant le départ des emplois de l'aéroport et en fragilisant ceux d'Airbus est une aberration ! »
« Sortons des combats d'arrière-garde, lui renvoie l'UMP Philippe Seillier. Le transfert de l'aéroport est acté, et c'est tant mieux. Anticipons les conséquences. » « Je ne suis pas sûr que ce transfert fragilisera notre territoire, insiste aussi Yann Vince (PC). Il y a un rééquilibrage à faire et l'industrie aéronautique fait partie de l'identité du Sud Loire. »
En grand aiguilleur des débats municipaux, Gilles Retière temporise, manoeuvre au micro pour dompter les turbulences : « Sud Loire Avenir veut rassembler les acteurs du bassin et trouver des synergies. Cela dépasse le problème de la plateforme aéroportuaire. »
Qu'importe, Loïc Simonet ne lâche pas le manche et demande fermement un vote à bulletins secrets. Verdict : cinq contre. Adhésion adoptée.
Emmanuel Vautier
L'info en plus
Sud Loire Avenir
L'association est basée et présidée par le maire de Saint-Aignan, Jean-Claude Lemasson. Missions : développer le sud aux plans économique, humain, démographique et environnemental.
Des tracteurs et deux cents manifestants : le collectif mobilisé contre la construction de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes a frappé fort hier, devant le conseil général. Photo Arnaud Jaffré
Au même titre, le développement du territoire passera, rappelle la majorité, par « une liaison Nantes-Rennes à inscrire au titre des projets à lancer avant 2020. Tout comme la liaison LGV Nantes - Bordeaux qui doit rapidement faire l'objet d'études préliminaires ».
Les dernières interrogations de Jean-Philippe Magnen (Europe Écologie) pour qui « la question du réchauffement climatique n'a pas été posée » n'ont pas suffi à faire basculer la majorité. D'ici quelques mois, un syndicat mixte verra le jour pour assurer non seulement le portage financier mais aussi la réflexion et les actions relatives à l'aménagement et au développement des territoires concernés par l'ouverture de l'aéroport.
« Dans la vie du conseil régional, il n'y a pas que Notre-Dame. C'est un dossier parmi d'autres, à ramener à sa juste place. » C'est Jacques Auxiette qui le dit à l'issue de la commission permanente, hier, à la Région. Une semaine après la décision des élus d'Europe Écologie de suspendre leur participation à l'exécutif, le président PS temporise :«Notre-Dame a été clairement identifié comme point de divergence avec les écologistes, c'est écrit dans l'accord passé lors des régionales. Cet accord sera respecté et la situation clarifiée. » En attendant, cela n'empêche pas le fonctionnement normal du conseil régional, considère-t-il.
Du côté d'Europe Écologie, Jean-Philippe Magnen, vice-président, confirme la participation des élus de son groupe à la commission permanente et « aux représentations, commissions et sessions. Par contre, nous ne participons pas aux réunions des vice-présidents et commissions majoritaires. »
Comment la majorité sortira-t-elle de ces turbulences ? Une rencontre est-elle prévue entre socialistes et écologistes ? « On suspend nos participations en attendant un échange pour clarifier les positions. Nous souhaitons qu'il y ait discussion sur les grands axes de notre accord », indique Jean-Philippe Magnen.
Coup d'accélérateur sur la recherche
Une enveloppe globale de 80 millions adoptée hier fait la part belle à la recherche, avec 27 millions de crédits. Plusieurs programmes de recherche (énergies renouvelables, nouveaux médicaments, logistique, allergies...) bénéficient de soutiens. 6,7 millions sont aussi votés pour la construction de l'institut Montéclair à Angers (de nouveaux labos sur les affections cardiaques). Et 8,5 millions sont alloués à Nantes Métropole pour la construction de l'Institut de recherche thérapeutique 3, qui accueillera de nouveaux chercheurs et des entreprises liées à la santé et aux biotechnologies.
Une vue du futur aéroport présentée mercredi soir. L'équipement, a affirmé le président du conseil général, sera équipé d'une ferme photovoltaïque produisant, dit-il« sept fois la consommation électrique de l'aéorogare ». Le bâtiment sera aux normes basse consommation. L'aéroport et ses parkings s'insèrent dans le bocage.La configuration des pistes et de l'aérogare optimise les temps de vol et de roulage. Les opposants dénoncent l'impact sur une zone humide de grande qualitéet sur une agriculture familiale. Quarante-quatre exploitations seront touchées dont cinq qui devront être réinstallées. : DRUn emprunt de 30 ans
L'aéroport Notre-Dame-des-Landes, ses équipements de navigation et la route de desserte vont coûter 556,5 millions d'euros, détaille Patrick Mareschal, président du conseil général. Le groupe Vinci, constructeur et concessionnaire pendant 55 ans, mettra de sa poche 302,5 millions d'euros, l'État 138,5 millions d'euros, et les collectivités locales 115,5 millions d'euros. Pour cela, les collectivités vont emprunter. Elles rembourseront pendant trente ans, à raison de 5 à 6 millions d'euros par an.
La part de chacun
La Loire-Atlantique contribuera, autour de 20 %, au remboursement de l'emprunt, soit 1 à 1,5 million d'euros chaque année. « Cette somme ne remet pas en question nos autres engagements », assure Patrick Mareschal. À comparer, dit-il au budget départemental, 1,2 milliard d'euros. La région Pays de la Loire contribuera à hauteur de 35 %, et la région Bretagne 25 % (lire aussi en page 7). Le reste, environ 20 %, sera à la charge de Nantes Métropole et d'autres collectivités comme la Carène et peut-être Cap Atlantique. Les opposants, qui découvrent le montage financier, estiment que l'apport des collectivités aurait été plus utile ailleurs. Gilles Denigot, élu écologiste de Saint-Nazaire, cite« l'autoroute de la mer qui démarre petit bras car il lui manque justement ce que les collectivités vont mettre sur l'aéroport ».
Tapis vert
Question de la salle : le projet peut-il encore être arrêté ? Le conseiller régional écologiste Christophe Dougé évoque trois pistes : la présidentielle de 2012, la mobilisation populaire et les recours en justice. Les opposants regarderont de près les compensations des zones humides détruites, comme ils le firent (avec succès) pour le projet d'extension du port à Donges Est. Début décembre, 830 élus du collectif d'opposants doivent se retrouver à Notre-Dame-des-Landes. L'action judiciaire sera au menu.
Le rendez-vous 2012 ? « Ne vous bercez pas d'illusions. Les élus socialistes d'ici en ont déjà parlé avec leurs instances nationales. Vous ne gagnerez pas sur le tapis vert », réplique Christophe Clergeau, premier vice-président socialiste de la Région. Comprendre que le PS ne cédera pas aux écologistes dans le cadre d'un accord pour l'élection présidentielle. Dans la salle, des voix évoquent le précédent du projet de centrale nucléaire au Carnet, sur lequel Jospin tira un trait après la victoire de la gauche. « Oui, mais nous étions opposés au projet », font remarquer les élus socialistes.
Avertissement
À la mise en service, en 2017, c'est tout de suite 50 entreprises, 2 000 salariés, qui passent du Sud au Nord, et des milliers de nouveaux habitants, note Jean-Paul Naud, maire de Notre-Dame-des-Landes. Il faudra des écoles, des transports en commun, de l'assainissement... Les communes ne pourront faire face, s'inquiète le maire.
« Les communautés de communes d'Erdre et Gesvre et de la région de Blain ont adhéré au Scot de Nantes-Saint-Nazaire, qui prévoyait l'aéroport. Qu'elles n'en aient pas tiré les conséquences est de leur responsabilité... Maintenant, si leurs élus veulent discuter de mesures d'accompagnement, nous y sommes favorables », lui répond Christophe Clergeau. « Mais les élus ne pourront avoir deux discours, les discussions devront se dérouler dans la transparence devant la population. »
Les voilà avertis. Ils ne pourront afficher leur opposition, et négocier en même temps avec la Région et le conseil général.
Lorsque les tronçons empruntent les rues de Bouguenais, la circulation est coupée, le trajet encadré. : Bertrand MEUNIER/Ville de Bouguenais
Airbus a besoin de liaisons efficientes avec Hambourg. Comment livrera-t-il ses pièces demain ? « Un comité qui réunit autour de la table l'industriel, la région, le département, Nantes Métropole, la Carene et l'État cherche la meilleure solution, » explique Michèle Gressus, maire de Bouguenais. Il doit bientôt se prononcer. Car le contrat de convention qui sera signé avec Vinci le 31 décembre 2010 comprend une clause particulière concernant l'avionneur.
« Si la piste est maintenue, il y aura un coût pour chaque envol. J'ai cru comprendre que la descente en barge, c'est pas mal aussi. Les deux options sont sur la table. » Aérien ou fluvial, expert et techniciens étudient la viabilité de chaque système. « Ce n'est pas tranché », assure l'élue, contrairement à ce que pouvait laisser penser l'annonce du ministre Jean-Louis Borloo vendredi, aussitôt démentie. La « négociation » n'est pas terminée et « les maires seront concertés ».
Pour le fluvial, « le transfert de l'usine aux quais de Cheviré fonctionne déjà. Routes et pont ont le gabarit suffisant. Mais la logistique est lourde : police de la route, accompagnement des convois... », observe Michèle Gressus. Pour simplifier le trajet, le tracé d'un raccourci est envisagé. Il s'agirait de faire une portion de route le long du périphérique pour relier le rond-point de la porte de Grandlieu au rond-point de l'entrée de la carrière de Bouguenais. Car en traversant la carrière, le convoi arrive ensuite directement au rond-point qui mène à la zone portuaire.
« De toute façon, c'est clairement la décision de l'industriel. La solution retenue sera celle qui lui ira le mieux », conclut le maire. À Bouguenais, on ne veut « pas de déstabilisation du site. L'emploi est notre première préoccupation ».
L'avenir de l'aéroport de Nantes-Atlantique reste au centre des discussions entre Airbus et la communauté urbaine.
Le propos n'a pas manqué de surprendre des interlocuteurs comme la conseillère générale Françoise Verchère qui « plaide pour ce maintien depuis dix ans ». Il a rassuré les personnels de l'usine de Bouguenais qui craignaient que la fermeture totale de la plateforme aéroportuaire nantaise aboutisse à une perte d'activité progressive de l'établissement. Et il a surtout confirmé les engagements écrits « à titre de précaution »dans le cahier des charges du futur concessionnaire de Notre-Dame-des-Landes qui s'engage à assurer la maintenance de la piste si elle est conservée. (Lire Presse Océan de samedi).
Négociation en cours
Mais le ministre est peut-être allé un peu vite en besogne, laissant croire que la décision était définitive. Aujourd'hui, rien n'est encore tout à fait tranché. Et il revient à la société Airbus de préciser ses attentes et ses exigences dans le cadre des négociations qu'elle conduit avec les collectivités locales et particulièrement avec la Communauté Urbaine de Nantes.
En l'occurrence, les deux parties ont à choisir entre trois hypothèses. La première consiste à maintenir le site aéroportuaire dans son emprise actuelle, réduisant à néant tous les projets d'aménagement que les décideurs n'ont pas manqué d'imaginer pour occuper un espace privilégié susceptible d'accueillir des installations lourdes comme le Marché d'Intérêt National, actuellement dans l'île de Nantes. Une deuxième option prévoit de créer ou simplement d'aménager des axes routiers existants pour augmenter le transfert des pièces d'avions par barges entre les usines de Nantes et de Saint-Nazaire d'où elles pourraient alors être prises en charge par les Beluga.
Mais elle ne rassure guère les habitants de Bouguenais. Enfin, une hypothèse intermédiaire permettrait de maintenir une piste sur une emprise plus réduite que l'actuelle et, par là, de laisser place à des aménagements urbains bien utiles dans la période actuelle.
J.-D. Fresneau
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ACTUALITE Le Moniteur du 2 aout 2010
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Inrastructures : Vinci emporte la concession de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes
JB JB | 30/07/2010 | 18:14 | Transport et infrastructures
Comme la rumeur le laissait entendre, c'est le groupement conduit par Vinci qui a été choisi pour la concession de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes.
L'offre du numéro un mondial du BTP (avec Vinci Concessions, Vinci SA, CCI de Nantes, CIFE, ETPO) a donc été préférée à celle du groupement Taranis composé de SNC Lavalin, Abertis et Fayat.
La concession vise la construction et l'exploitation de l'aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes (30 km au nord-ouest de Nantes), qui reprendra à partir de 2017 la totalité des lignes aériennes de l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique. La durée du contrat est fixée à 55 ans. Le concessionnaire investira de l'ordre de 400 à 500 millions d'euros dans la réalisation des nouvelles infrastructures. Le montant total des travaux devrait avoisiner les 600 millions d'euros. Le groupement de conception-construction collaborera avec l'architecte Jacques Ferrier, le paysagiste Bernard Lassus, ADPi pour l'ingénierie aéroportuaire et les bureaux d'études Sogreah (infrastructure), SCE (aménagement), SETEC (bâtiment), et Elithis (énergie). Vinci annonce que Notre-Dame-des-Landes sera le premier aéroport à énergie positive "grâce à une conception simple et efficace".
De leur côté, l'Etat et les collectivités territoriales s'étaient engagés, le 16 juillet, sur des contributions respectives de 138,5 et 115,5 millions d'euros. Cette enveloppe de 254 millions d'euros sera dédiée aux équipements de navigation aérienne, aux dessertes routières et comme subvention publique aux investissements du concessionnaire.
Dans un communiqué, Jean-Louis Borloo, ministre du Développement durable, a indiqué que l'aéroport "bénéficiera dès son ouverture d'une liaison de transport public à haut niveau de service". Et le ministre de rappeler son exigence d'une "vraie liaison ferroviaire entre Nantes et l'aéroport".
Le Moniteur du 2 aout 2010
À l'horizon 2016, le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes prendra le relais de Nantes-Atlantique,premier aéroport de l'Ouest avec 2,7 millions de passagers.
Après avoir obtenu la ligne ferroviaire grande vitesse Tours-Bordeaux, le groupe Vinci est donné comme favori pour Notre-Dame-des-Landes. Des quatre concurrents initiaux, il n'en reste que deux, l'autre étant un groupement mené par le Canadien SNC-Lavalin. Dans ce projet, Vinci, premier groupe mondial de construction et concessions, s'est associé aux Nantais d'ETPO, et à la holding CIFE qui rassemble des entreprises du BTP.
Il bénéficie aussi du savoir-faire de la Chambre de commerce et d'industrie de Nantes-Saint-Nazaire, actuelle gestionnaire de Nantes Atlantique. Conçu pour 9 millions de voyageurs, le nouvel aéroport sera doté de deux pistes spécialisées (décollage, atterrissage) pouvant accueillir des avions gros-porteur comme l'A380.
Une concession de 55 ans
Le choix du concessionnaire par Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, est imminent. Suivra une dernière phase de discussions, avant l'attribution définitive, en fin d'année. Le candidat retenu financera, construira et exploitera pendant 55 ans le nouvel équipement. Au 1er janvier, il devra aussi gérer l'actuelle plateforme de Nantes-Atlantique, jusqu'à l'ouverture de Notre-Dame-des-Landes, ainsi que les installations de Montoir-Saint-Nazaire. Le début des travaux est prévu en 2013 pour une mise en service en 2016.
Liaison ferroviaire Nantes-Rennes
Le cahier des charges prévoit l'emprise d'une gare. « Cette plateforme aéroportuaire ne restera pas sans desserte collective et ferrée », répète Jean-Louis Borloo. L'idée initiale d'un raccordement au prochain tram-train Nantes-Châteaubriant a du plomb dans l'aile. Facile à réaliser rapidement, la solution s'avérait beaucoup trop nantaise. Les collectivités préfèrent un raccordement au réseau national par une nouvelle liaison ferroviaire Rennes-Nantes. Son principe vient d'être inscrit au schéma national des infrastructures de transport. Tracé définitif dans... dix ans.
Un accord État-collectivités
L'État et les grandes collectivités (Régions Pays de la Loire et Bretagne, département de Loire-Atlantique, Nantes-Métropole) ont signé un accord sur le financement de l'aéroport et de sa desserte terrestre. Le concessionnaire investira entre 400 et 500 millions d'euros. L'État apportera 138,5 millions d'euros et les collectivités 115,5 millions d'euros. Soit une fourchette de 654 à 754 millions d'euros, plus élevée que le coût prévisionnel (581 millions d'euros). Les opposants soulignent l'écart « avant même le premier coup de pioche ». Ils craignent, comme le député Vert François de Rugy, « des dépassements budgétaires conséquents au fur et à mesure de l'avancée des travaux ».
Dominique BUSSEREAU, Secrétaire d’Etat chargé des Transports, a acté à Nantes, hier jeudi 15 juillet 2010, un accord de financement pour la réalisation du nouvel aéroport du Grand-Ouest et de sa desserte terrestre.
Cette signature s’est déroulée en présence de Nantes Métropole, représentée par son Président, Jean-Marc AYRAULT, le Département de la Loire Atlantique, représenté par le Président du Conseil Général, Patrick MARESCHAL, laRégion Pays de la Loire, représentée par le Directeur Général des services au nom du Président du Conseil Régional, Jacques AUXIETTE. La Région de Bretagne est également associée à cet accord.
Celui-ci s’inscrit dans le cadre d’un partenariat par lequel les collectivités indiquaient leur volonté de marquer avec l’Etat un engagement commun pour la réussite du transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique sur le site de Notre Dame des Landes.
L’Etat a confirmé que le concessionnaire investirait entre 400 et 500M€ (hors participation des collectivités).
L’Etat s’est engagé sur une contribution totale de 138,5M€ et les collectivités à hauteur de 115,5M€. Ces participations permettront de financer l’ensemble des équipements de navigation aérienne, desserte routière ainsi que la contribution aux investissements du concessionnaire.
Les participations des collectivités de l’Etat pourront se voir remboursées sous forme d’un retour à meilleure fortune lié aux résultats de l’aéroport.
L’inscription au schéma national des infrastructures de transport (SNIT) de la desserte en transport collectif de l’aéroport a été confirmée par le Ministre.
Le Ministre a également indiqué que le choix du concessionnaire serait effectué rapidement et qu’il serait tenu compte de l’avis des collectivités.
«La signature de cet accord est le véritable point de départ de la réalisation de l’aéroport du Grand Ouest, qui va permettre de supprimer les nuisances liées à la circulation aérienne au-dessus de l’agglomération nantaise tout en dotant la métropole et les régions Pays de Loire et Bretagne d’un grand aéroport international au service de leur développement» a déclaré Dominique BUSSEREAU en conclusion.
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Contact presse : Sophie LE MOUEL

« Les circonstances de cette signature, en grand secret jeudi à la préfecture, me paraissent délicates. Je pense que quand on porte un projet et qu'on en est fier, on ne se cache pas comme ça. »
Votre première analyse sur l'accord ?
« Pour le moment nous n'avons que le communiqué de presse du ministère des Transports. Quand nous aurons le texte de l'accord nous l'éplucherons, bien entendu. Mais de ce que je lis, je crois qu'il faudrait plutôt parler d'un embryon d'accord de financement étant donné que le principal contributeur n'est pas encore connu. D'ailleurs, on devait au début nous donner son nom au mois de mai. Ça ne cesse pas d'être retardé. Maintenant on parle de fin juillet. Je crois que c'est là la preuve que le financement n'est pas bouclé. »
Les participations avancées vous étonnent-elles ?
« Ce qui m'étonne, c'est qu'en faisant les comptes on arrive à un global de 650 à 754 M€. On n'est plus du tout dans les 580 M€ avancés jusq
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